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source : velzic.fr


Un peu d'histoire

Un peu d'histoire avec Jean-Pierre SERRE.

Un peu d’histoire

Avec Jean-Pierre SERRE...

Il y a 140 ans, le 29 juillet 1874, naissait la commune de Velzic(1). L’organisation territoriale  remonte à la loi du 14 décembre 1789. La reconstitution du maillage religieux en paroisses – détruit lors de la période révolutionnaire – est l’œuvre de Napoléon Ier. Les possibles modifications dans l’organisation communale obéissent à des règles administratives plutôt complexes. La vallée de la Jordanne était, sous le 1er Empire, divisée, tant au civil qu’au religieux, en quatre unités : Saint-Simon, Lascelles, Saint-Cirgues-de-Jordanne et Mandailles.

 

A la fin de ce siècle elle compte deux paroisses-communes de plus : Saint-Julien-de-Jordanne et Velzic. Le processus de changement obéit toujours aux mêmes règles. Ainsi, en 1821, pour obtenir un prêtre à demeure, les habitants de Saint-Julien se plaignent-ils : « Pendant la saison rigoureuse les enfants ne peuvent assister aux instructions religieuses[...] les malades ont le regret de voir arriver leurs derniers moments sans avoir reçu les sacrements  et les cadavres des défunts sont délaissés, quelquefois, des huit jours sans sépultures par l’impossibilité de les faire transporter à l’église et au cimetière. » L’administration cède et Saint-Julien obtient son vicariat en 1831.

Pour Velzic, au terme de plaintes identiques, le poste est créé  en 1839. Les vicaires étant défrayés tant par l’Etat que par la section communale qui en bénéficie, les fidèles – difficultés financières obligeant - œuvrent pour la transformation du poste en paroisse. C’est chose faite, en 1840, pour Saint-Julien, en 1848 pour Velzic (2). Ce qui était valable au spirituel l’étant au temporel, les mêmes réclamations existent dans l’une et l’autre section. Une fois encore Saint-Julien, dont les problèmes de circulation à la mauvaise saison sont très réels, obtient satisfaction en 1844, Velzic, seulement trente ans plus tard. La section de Velzic, profitant de l’agitation liée à la Seconde République et à la création de la paroisse, réclame la création d’une entité communale avec suffisamment de force pour que la préfecture, au printemps 1850, malgré les avis défavorables des municipalités de Lascelles, Vic-sur-Cère et Saint-Simon, organise une enquête Commodo et Incommodo dans laquelle les citoyens, hameau par hameau, donnent leur avis. Au terme de ces consultations – avis des conseils d’arrondissement et général pris - le préfet transmet le dossier, avec avis favorable, au ministère de l’Intérieur en concluant : « L’opposition que cette mesure a rencontrée de la part des conseils municipaux[...] ne repose sur aucun motif plausible[...] elle ne peut être attribuée qu’à la répugnance qu’éprouvent généralement les communes à céder une portion de leur territoire quand même cette cession serait commandée par l’intérêt général .»  Le ministre de l’Intérieur répond négativement, arguant du « peu de ressources dont disposerait la nouvelle commune et de la diminution considérable que subirait la commune de Lascelles » tout en proposant la création d’un poste « d’adjoint spécial » pris parmi les élus velzicois du conseil municipal de Lascelles. Il faut attendre les débuts de la IIIème République pour que l’on reparle de la création d’une commune.

Une fois encore la préfecture demande par enquête l’avis des habitants. Le 23 mars, à Lascelles, personne ne se présente, ce qui fait écrire au rapporteur « qu’il n’y a point d’opposition sérieuse » et à Velzic non seulement tous sont favorables mais douze citoyens – faute de temps accordé au rapporteur – ne peuvent exprimer leur accord que verbalement ! La motivation la plus originale est celle de Charles Tillet affirmant « qu’aujourd’hui même il a été obligé de laisser plusieurs heures un cadavre au bord de la fosse n’ayant pas reçu à temps le permis d’inhumer (3) » et de rajouter : « Le même cas s’est produit trois fois dans l’espace de deux mois » ! Le lendemain aux bourgs de Saint-Simon et Clavières, les avis sont beaucoup plus partagés. Jean-Baptiste Vayre – félibre local – désire « continuer le statu quo par affection et intérêt » ; Jean Delrieu, de Belliac, « s’oppose car la commune de Saint-Simon s’est imposée pour trente ans afin de payer le terrain et la route de Clavières et le pont de Rouffiac » ; à l’inverse, Géraud Conrier, de Clavières, favorable au rattachement, affirme que le bourg «  a été très négligé par les deux administrations dont il dépend depuis très longtemps... ». L’accord de l’assemblée départementale, de la préfecture puis du ministère de l’Intérieur permettent la naissance de la nouvelle commune mais l’unanimisme n’a toujours rien d’évident comme le signale une pétition de onze habitants d’Auzolles affirmant son opposition à son détachement de Vic-sur- Cère, «  Tout fonctionne sans tiraillement, sans efforts ; à Velzic tout est à créer, tout jusqu’au chemin qui devrait nous conduire jusqu’au chef-lieu de la future commune[...] nous aurions à rompre  nos rapports avec Vic pour contracter des habitudes nouvelles avec Velzic[...]nous abandonnerions le certain pour l’incertain, la réalité pour une vaine aspiration » ! Tout cela n’est pas sans rappeler les difficultés quand ce n’est les oppositions – motivées ou discutables - qui suivent, aujourd’hui encore, la variation des limites administratives – commune canton, région.

L’état civil de Lascelles signale effectivement le décès de Joseph Armandie ce même jour.